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> Edito Sortez les sortants
"Un problème, une taxe". On croyait ce vieil adage révolu. On le pensait surtout réservé aux périodes de forte croissance qui incitent à l'Etat providence. Et pourtant ! Au moment où un rapport chiffre à 2 000 milliards d'Euros la dette publique française et à 5 ans de rigueur la cure nécessaire pour s'en sortir. Au moment où la France a un gouvernement qui affirme vouloir diminuer les prélèvements fiscaux. Au moment où le parlement a une majorité écrasante de parlementaires dits de « Droite ». A un moment où il suffit donc de vouloir pour pouvoir, deux nouvelles taxes ont été créées en France en moins d'une semaine. Incroyable, mais malheureusement vrai.
La première, applicable au 1er juillet 2006, augmentera le prix de chaque billet d'avion de 1 à 40 . Comme si les entreprises exportatrices, dont la France a tant besoin, pouvaient encore alourdir leurs charges de structures sans conséquence. Comme si le secteur de l'aérien français n'était pas à 100 millions d'euros de chiffre d'affaires ou à 3 000 emplois près.
N'oublions pas qu'aujourd'hui, avant même cette taxe, le prix payé par certains passagers de compagnies low-cost est majoritairement composé de taxes. Payer plus d'impôt que le produit lui-même, on connaissait cette logique pour le tabac ou l'alcool qui ont une incidence sur d'autres budgets publics. Mais sur le voyage aérien, en pleine mondialisation de l'économie, on peut affirmer sans exagérer que c'est criminel pour le pays. Un seul responsable pour cet impôt nouveau, Jacques Chirac. Sans compter le manque habituel de courage des députés. Et tout cela pour, soi-disant, aider au développement des pays pauvres. Mais ce n'est pas de cela dont ces pays ont besoin. C'est de systèmes qui marchent. Pourquoi personne ne prend en compte la proposition de l'assurance, faite par un certain nombre de politiques lucides et perspicaces, dont l'Embarcadère? Il est vraiment temps de changer de Président de la République.
La seconde, applicable dès cet hiver, taxera la pratique des sports non motorisés en montagne, c'est à dire, essentiellement les randonnées en raquettes. A quand une taxe sur les bonhommes de neige ? A quand une taxe sur les ballades en sentier ? On croit rêver. Des députés ont pourtant réfléchi à ce texte. Leur raisonnement n'est, sur le papier, certainement pas idiot; mais ils n'ont pas su prendre de la hauteur. Ils n'ont pas vu l'intérêt de la France. Il est vraiment temps de changer la plupart des députés.
Nous voulons une politique de rupture. Il est temps de changer en profondeur les axes de gestion de notre pays. On ne peut plus se contenter de réformettes. Il faut maintenant, tout simplement, refaire de la politique.
A nous, hommes de droite, de proposer au débat public des idées nouvelles. C'est la tâche première des Clubs de l'Embarcadère.
Je souhaite à chacun de leurs membres de s'investir, pendant toute l'année 2006, pour être force de proposition.
Les idées ont besoin d'être exprimées pour prendre forme, gagner les esprits, rentrer dans le débat. Alors, arrêtons de nous lamenter ou d'analyser les situations. Proposons. Forçons les partis et les candidats à inscrire nos idées dans leurs programmes.
La nature de l'homme, l'histoire et la situation de notre pays, nous conduisent naturellement au pessimisme, mais soyons, en 2006 plus qu'avant, des pessimistes actifs.
Denis Broliquier, Président des Clubs de l'Embarcadère
     
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