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> Edito Revenir sur les 35 heures
Lorsque les socialistes majoritaires ont imposé les 35 heures au pays, l'opposition de l'époque avait très fortement critiqué cette mesure. On pouvait alors penser qu'à son retour au pouvoir, la droite reviendrait sur une réforme tant vilipendée. Malheureusement, dès la campagne électorale venue, cet espoir a été déçu. Victimes de la suprématie intellectuelle de la gauche et sous-estimant la capacité de compréhension de l'opinion publique, les leaders de l'UMP se sont empressés de dire publiquement qu'ils ne « feraient rien contre les 35 heures ».
Promesse malheureusement tenue à quelques amendements prêts....
Il était pourtant facile d'expliquer la vérité : non seulement la réforme n'avait pas créé les emplois promis, mais elle pénalisait l'économie toute entière. Deux ans après, les faits étant têtus, le débat remonte à la surface. Et c'est bien ainsi.
D'abord, avec la publication d'un sondage. La majorité des Français estime que les 35 heures sont néfastes à l'économie. Ceux qui bénéficient du système le trouvent bien agréable. Et ils sont 90 % à souhaiter la liberté du temps de travail. Le bon sens est encore une valeur populaire ! Les esprits chagrins, apeurés par le peuple et ses réactions, peuvent aller se rhabiller...
Ensuite, avec les déclarations de Sarkozy. Dans une interview au journal Les Echos, le ministre de l'Economie n'hésite pas à donner son opinion sur les 35 heures : « elles ont enlevé de la souplesse aux entreprises » ; « elles ont affaibli la valeur travail » ; « elles font peser un coût exorbitant sur nos finances publiques » ; « la France consacrera bientôt 16 milliards d'euros par an pour empêcher les gens de travailler ». En parlant comme cela, il affirme haut et fort ce que les députés de base et les économistes disent en catimini depuis des mois. C'est sans doute du courage et de la conviction, mais avant tout du réalisme.
Il ne peut y avoir de croissance durable et de plein emploi sans retour sur les 35 heures. Toutes les analyses prospectives le montrent. Les comparaisons européennes aussi : le taux élevé de chômage pour les jeunes sans formation en France est directement lié au coût du travail, lui-même fortement imputé par le coût des 35 heures.
Mais au delà de l'argumentation économique, n'oublions pas ce que le discours socialiste a tendance à nous faire oublier depuis des décennies. Le travail n'est pas pour nous synonyme d'aliénation. Il est au contraire structurant et épanouissant pour l'homme. Travailler de moins en moins n'est donc ni un objectif pour nous, ni une condition du bonheur humain. La valeur travail mérite largement d'être réhabilitée en France !
Alors, si revenir sur les 35 heures apparaît comme nécessaire à la France et fidèle à nos idéaux, pourquoi ne pas agir ? Nous attendons maintenant, dans ce domaine aussi, des actes et non des discours.
     
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