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Partir en pélerinage... de Jean Paul Humeau


[témoignage]


 

Au delà de tous les clichés, décider d’aller en pèlerinage est un acte fondateur :

1/  un acte fondateur pour sa propre vie à venir parce que c’est un moment privilégié pour revenir sur son passé et éclairer son futur,

2/  un acte fondateur pour notre foi qu’elle soit forte, faible, ou même inexistante, en effet, ne pas croire c’est d’abord croire qu’on ne croit pas.

3/ un acte fondateur, parce c’est d’abord aller sur place. Aller sur place, c’est changer de point du vue. En effet, ce que je vois de ma fenêtre n’est pas la même chose que ce que voit mon voisin de sa propre fenêtre située 2 étages plus haut. Alors ce que je vois de France n’est évidemment pas la même chose que ce que je vois lorsque je suis au sommet du Mont Moïse.

  Aller sur place, c’est voir une partie de la réalité vécue par ceux  qui vivent sur place. Une partie seulement parce qu’on ne peut pas tout voir et nous devons garder la pleine conscience de ce fait.

Cette réalité invite à la tolérance et pose plus de problèmes qu’elle n’en résout. Lorsque l’on part en pèlerinage on y part avec ses réponses et on en revient avec ses questions.

Aller du Caire à Jérusalem en passant par le Sinaï, Eilat, Sodome, Qumran, Jéricho, Nazareth, Tibériade, Bethléem est un voyage fondateur. Fondateur surtout lorsque l’on est accompagné d’un guide de qualité, d’un Pasteur au sens biblique du terme. Pendant une douzaine de jours, la succession des leçons est plus productive que la soixantaine d’années déjà passées dans le train de la vie.

Parmi ces leçons, je retiens celles-ci, qui me paraissent les plus importantes :

Les chrétiens du Proche Orient

 Les chrétiens du Proche Orient sont aujourd’hui menacés. Tout événement, aussi anodin soit-il, peut avoir des répercussions importantes sur l’avenir. Il en est ainsi de la mise en exergue des caricatures de Mahomet qui créent des points de fragilité supplémentaires pour la communauté Copte d’Egypte comme en témoigne S. B. Stephanos II Ghattas, Patriarche d’Alexandrie des Coptes Catholiques rencontré au Caire. Pourtant à quel titre devrions-nous accepter les règles que voudraient nous imposer les Islamistes qui ne retiennent de Mahomet que sa période guerrière ?

La présence policière

 Les policiers sont omniprésents en Egypte, que ce soit au Caire ou sur les routes où nous rencontrons de nombreux points de contrôle. D’ailleurs nous sommes accompagnés pendant tout notre passage en Egypte par un policier aussi discret que silencieux. Quelle est sa mission ? Nous protéger ou nous surveiller ?La circulation en Israël est libre et la présence policière reste discrète.

 Le désert

 Le désert est impressionnant, en Egypte comme en Israël. Il est à la fois toujours le même et toujours différent. A la fois inhospitalier et rempli de la vie. C’est toujours quand on s’y attend le moins que surgit un arbre, un dromadaire ou un bouquetin. Le moindre oasis est un lieu de vie. La population marque ces territoires en en subissant la tyrannie ou en en tirant des fruits inattendus.

Le lac de Tibériade

 Le lac et les sites  environnants marquent de manière particulièrement forte le pèlerin par les traces abondantes que l’on y trouve et le calme et la sérénité qui en surgissent. Le lac est pourtant capable d’énormes colères à l’image de celle qui a détruit, la veille, l’embarcadère près de Capharnaüm d’où nous devions partir pour évoquer la pêche miraculeuse et la marche sur les eaux. N’ayez pas peur ! Nous avons rejoint un autre embarcadère.           

 Jérusalem

· Cité disputée par les trois religions monothéistes Jérusalem est une ville particulièrement remarquable que ce soit par sa topographie, par son histoire, par ses constructions ou par ses traces archéologiques.

·     Les orthodoxes sont les plus grands propriétaires fonciers de Jérusalem

·     Les lieux chargés d’histoire ont été plus ou moins bien préservés. Le Saint Sépulcre, en particulier que l’on imagine, à travers les textes, est un lieu que  la fréquentation et les diverses actions de sauvegarde ont, paradoxalement, rendu peu propice au recueillement.

·     L’esplanade des mosquées est un endroit où les non musulmans sont tolérés mais l’accès aux mosquées leur en est interdite. Il me paraît important de rappeler que le fait de poser un tapis de prière fait, pour un musulman, de l’endroit une terre d’Islam… Comme si on ne pouvait pas prier en silence et sans ostentation… ! Mais, attention, ce n’est pas anecdotique !

 L’éclatement des Territoires Palestiniens

· Un regard porté sur les cartes d’Israël laisse voir l’éclatement des territoires palestiniens mais la réalité est encore plus forte parce que le passage de ou vers les territoires est marqué au minimum par des check points et au maximum par la « ceinture de sécurité » qui constitue, sur une grande partie, un mur conçu pour être infranchissable.

· Le passage entre Jérusalem et Bethléem, en particulier, est particulièrement protégé. Est-ce une entrave intolérable à la liberté de circulation ou bien est-ce seulement une protection efficace contre les attentats suicides ?

· La séparation permet, par ailleurs, de voir nettement la différence des deux cultures.

 La richesse

· Il n’est de richesse que d’hommes mais le meilleur ennemi de l’homme, c’est l’homme… ces deux truismes sont particulièrement réels sur ces terres lourdement chargées de notre histoire.

 Les raisons d’espérer

Deux juifs ensemble, c’est trois opinions… au moins ! Le débat est une manière de vivre en société pour la population juive mais la mort de l’autre  n’est pas au programme. Alors que la destruction d’Israël est inscrite au programme des fondamentalistes Islamiques

La victoire du Hamas aux dernières élections palestiniennes ne semble, cependant, pas avoir rallumé la violence contrairement à ce que l’on pouvait craindre… Un mouvement terroriste qui  est légitimé par des élections démocratiques peut-il se permettre de poursuivre la lutte armée ? Est-ce suffisant pour baisser la garde ?

« Ne pas croire au miracle est un manque de réalisme ». Puisse ce mot de Ben Gourion s’appliquer à un drame qui sépare les hommes qui partagent une même terre.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




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