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> Edito On peut en sortir
On peut en sortir !
A l'heure où des minorités de « hors la loi » embrasent les banlieues, on mesure l'ampleur de l'échec de la politique menée en France depuis plus de 20 ans.
Si toutes ces manifestations de violence me choquent, elles ne me surprennent pas. Déverser des milliards d'euros sur les banlieues pour se donner bonne conscience ne suffit pas à mobiliser les gens qui y vivent, ni à leur donner l'envie de réussir. Bien au contraire.
Pour moi, cette situation est le fruit naturel de deux facteurs.
Le premier est le chômage. Sans emploi, pas de reconnaissance sociale. Or, la France accepte aujourd'hui 3,8 millions de chômeurs, plus de 10% de sa population active ! Une hérésie. Et l'on multiplie depuis des décennies des mesures visant à traiter socialement ce problème. Et Villepin, comme ses prédécesseurs, dit vouloir s'y attaquer. Mais que fait-il réellement ?
Depuis 20 ans, pour des raisons soit idéologiques, soit politiciennes, on a eu peur de prendre les mesures nécessaires. Des mesures qui ont pourtant fait leurs preuves en Europe comme aux Etats-Unis. Aujourd'hui, seul un véritable électrochoc libéral peut nous aider à sortir de l'impasse dans laquelle nous nous trouvons. Les décisions sont difficiles à prendre, peu populaires mais nécessaires au redressement de notre société.
La deuxième cause majeure de cette situation est la déresponsabilisation individuelle. On a trop longtemps fait croire aux gens, aux parents, aux familles, aux jeunes ... qu'ils n'étaient responsables de rien. Les systèmes mis en place ont poussé les individus à tout attendre des pouvoirs publics comme privés d'ailleurs : modes de garde collectifs pour les enfants, l'école pour les élever, des crédits sans fin pour consommer... Dès lors que l'individu n'assume plus ses propres responsabilités, aucune remise en cause n'est possible.
Responsabiliser les gens ne veut pas dire les abandonner à la loi de la jungle. Cela permet au contraire d'encourager les initiatives des uns pour mieux accompagner - et non pas assister - les autres, ceux qui en ont vraiment besoin.
Pour cela, il faut d'abord que l'ordre soit rétabli dans nos cités : les violences doivent cesser tout comme cette économie parallèle de trafics en tous genres, véritable miroir aux alouettes pour les jeunes. Il faut également instaurer un dialogue constructif avec eux pour leur redonner confiance en eux et dans le travail. Tous les moyens financiers ne seront efficaces que s'ils servent une réelle volonté politique. Mais le pouvoir d'aujourd'hui aura-t-il le courage de le dire et de le faire ? ...
Denis Broliquier.....
     
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