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> Edito On a tué le débat d'idées
Aujourd'hui, nombreux sont ceux qui s'interrogent sur les raisons de l'augmentation de l'abstention ou des votes extrêmes. Certains se posent même la question de la fin du militantisme, des institutions, voire de l'Histoire! Et chacun tente, en guise de réponse, d'apporter sa touche pour noircir un tableau déjà bien sombre.
A mon avis, il n'est pas nécessaire d'être grand clerc pour avoir une réponse à ces questions. On a tué le débat d'idées, c'est tout!
La société n'admet plus la discussion. Tous les hommes et toutes les idées se valent. Quelques concepts dominants s'imposent à tous. Et malheur à celui qui ose émettre une opinion différente. Vive le politiquement correct! Le débat, finalement, porte uniquement sur quelques détails ou questions de forme. La petite phrase et les états d'âme de l'homme politique semblent plus intéresser le public que le contenu de son discours.
Et pourtant! Profondément, le peuple attend du politique une analyse objective de la situation du pays. Et des solutions réalistes, même si elles sont impopulaires. Il attend des idées porteuses de conviction. Qui les lui propose aujourd'hui? Confusément, le français sait que son pays va dans le mur. Gestionnaire de son budget personnel, il connaît par exemple très bien, les conséquences à long terme de l'endettement national. Il sait qu'on ne peut avoir un système de santé éternellement déficitaire. Il perçoit bien les limites des systèmes de solidarité.
La campagne électorale des régionales a commencé. Elle devrait être le lieu d'un débat passionné. Je me rappelle, il y a quelques années, de propositions novatrices pour les régions. En Auvergne, Poitou Charentes ou Rhône-Alpes, des têtes de listes qui avaient pour nom Giscard, Raffarin ou Millon, imaginaient le chèque culture pour les lycéens, une nouvelle gestion des bâtiments scolaires, les programmes intégrés de développement agricole ou la décentralisation de la protection du patrimoine.
Aujourd'hui, même en étant attentif aux propositions locales, j'entends uniquement quelques rengaines électoralistes sur les trains régionaux qui arriveront à l'heure ou les lycéens qui bénéficieront de livres gratuits.
Pire, ces élections sont en train de devenir un plébiscite pour ou contre le gouvernement Raffarin. On se trompe de débat. Ou plus exactement, il n'y a pas de débat. Avec l'Embarcadère, remettons les idées sur le devant de la scène. Les français l'attendent.
Denis BROLIQUIER
Président de l'Embarcadère
Maire du 2ème Arrondissement de Lyon
Conseiller Général du Rhône
     
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