Article d'Olivier Magnan paru dans Economie Matin du 08/03/2006
Que devient Charles Millon, personnalité politique de droite s'il en est - président du groupe UDF à l'Assemblée nationale et ministre de la Défense de 1995 à 1997 ?
Millon, ambassadeur de l'Europe
Disparu du paysage français après son échec aux municipales lyonnaises de 2001, ce catholique de 60 ans se passionne pour l'Afrique où l'emmènent ses fonctions officielles : il est ambassadeur, représentant de la France auprès de la
FAO (Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture).
Pantouflard ? Pas vraiment : persuadé que l'Afrique sera le grand continent d'avenir dans les 15 ans à venir, il sème tranquillement des graines d'entreprises en plein désert... « Je veux créer un partenariat entreprises-pays » explique l'ambassadeur itinérant.
Son idée force : favoriser les entrepreneurs créateurs de richesse en leur assurant, côté public, « un environnement favorable » (par la formation, les infrastructures de communication, la fourniture de l'énergie...).
Le libéral Millon laisse germer. « Il faut raisonner en filières pour enraciner l'économie africaine ». Du coup, Charles l'Africain emmène les entreprises françaises - comme un certain en Inde - et se passionne pour des micro-inventeurs africains de génie. Tel Modibo Keita le Malien (homonyme de feu le chef d'État) qui a mis au point une éolienne à panneaux solaires dont l'énergie actionne une pompe...
De la production de glace à partir du solaire à la culture au Niger de la denrée la plus vendue au monde - le saviez-vous, c'est l'oignon - en passant par la gomme arabique tchadienne, Charles Millon s'est donné une mission qui comble son engagement moral : « La France a des responsabilités historiques en Afrique francophone où la colonisation a pris des allures éducatives, sanitaires, quand les Anglo-Saxons privilégiaient l'économie... »
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