|
   
> Edito Merci Jean Paul II
L'hommage exceptionnel rendu au pape Jean-Paul II me frappe par son unanimité et par son ampleur. Les chefs d'Etats comme les foules d'anonymes, les responsables de toutes les religions comme des porte-parole de l'athéisme reconnaissent en lui un homme de paix, acteur du monde contemporain. Des pays à très faible minorité catholique sont officiellement en deuil. Des nations que le pape défunt n'a pourtant pas ménagées publient des communiqués élogieux. En France, j'ai rarement vu une telle mobilisation médiatique. Sujet unique de certains journaux télévisés, bouleversements de programmes, émissions spéciales, rétrospectives (d'ailleurs fort bien faites), ... : le pontificat de Jean-Paul II a fait l'objet d'une couverture exceptionnelle. Il aurait pu en être autrement.
En tant que catholique, j'apprécie profondément la qualité de cet hommage. Mais je m'interroge aussi, en tant que politique, sur ses fondements.
1 - En France, le matérialisme croissant, la laïcisation forcenée de la société, la diminution de la pratique religieuse catholique et la régression des valeurs traditionnelles laissent un grand vide spirituel. Par sa personnalité, ses voyages, ses messages, sa couverture médiatique, la durée de son pontificat, Jean-Paul II a « occupé l'espace ». Il était là, tout simplement présent dans le paysage. Et cette présence rassurait les français déboussolés. Comme une icône. C'est pour cela qu'il était apprécié bien au-delà des cercles catholiques.
2 - La bienveillance de l'homme a également beaucoup fait pour la popularité du Saint Père. Au delà du décorum de Rome, de son habit officiel unique et de sa position à la tête de l'Eglise, Jean-Paul II aimait les hommes et cela se voyait. Souverain pontife en titre, en charge d'une lourde responsabilité, il avait cependant une attention particulière pour chaque individu. Chacun pouvait se sentir pris en considération, voir aimé par lui. Surtout les plus démunis et les plus marginaux, ceux qui ont le plus besoin d'amour. Une qualité rare.
3 - La permanence de son discours enfin. Jean-Paul II s'est saisi, au cours de son pontificat, d'une multitude de sujets. Sans se soucier de leur popularité ni de sa popularité. Il a dit ce qu'il avait à dire. Contre vents et marées. Dans l'enracinement de l'Evangile et pour l'universalité du monde. Il a agi sans relâche, poursuivant son but inlassablement. Jamais l'Eglise n'a autant servi la paix et la liberté. Jamais la diplomatie vaticane n'a été aussi active et efficace. Jamais l'organisation n'a été aussi universelle et proche des hommes. Jamais le message évangélique n'avait été autant porté par les médias. Le pape a rempli sa mission. Il est resté fidèle à ses engagements.
Etre là, parmi les hommes, avec amour, travailleur acharné et solide comme un roc : c'est ma vision politique du pape défunt et de son action. On voit aujourd'hui sa popularité et l'appréciation positive de son bilan. Ce succès devrait conduire les hommes politiques français à tirer des enseignements de ce pontificat. Et sans doute à en prendre de la graine ...
Denis BROLIQUIER
Président des Clubs de l'Embarcadère
Maire du 2ème Arrondissement de Lyon
     
|
 |





|