|
   
> Opinion Marre de Moore
Comment qualifier po-liment ! la récente attribution de la Palme d'or du Festival de Canne au film de Michael Moore Farenheit 9/11 ? Grotesque, pitoyable, minable ?!... Quelque chose comme ça, mais en pire.
Ça n'est pas tant, comme on l'a beaucoup lu (même dans Libération !), le fait que Cannes soit devenu une tribune de plus pour la bien-pensance triomphante. Après tout, cela n'est pas neuf : Truffaut, Godard et les autres avaient en leur temps fait souffler le vent de l'esprit soixantehuitard sur la croisette... Michael Moore n'est qu'une nouvelle icône voyante certes, mais passagère... du vieux courant pacifiste et gauchiste américain. Il ne représente rien par lui-même, il n'est qu'un moment du grand show bien-pensant.
Ce qui est réellement exaspérant, c'est la facilité et la bassesse des attaques contenues dans le film à peu près à la hauteur des critiques villepino-téléramesque au pire moment de la crise irakienne , ainsi que la confondante moutonnerie des médias et des « gens biens »... On est bien libre de faire un film anti-Bush, on n'en est pas dispensé pour autant de faire une oeuvre. Or, c'est bien cela qui est parfaitement absent ici : la stupéfiante absence d'oeuvre.
A moins de considérer que le cinéma n'est pas, et ne peut être, un art (ce qui, nous le confessons, n'est pas loin d'être notre cas...), on aurait pu s'attendre à ce que le jury du Festival s'attache à récompenser une oeuvre (c'est-à-dire une Idée réalisée). Il n'en a rien été. La bête satisfaction de sacrer, sous des applaudissements sanctificateurs, le dernier produit sorti du service marketing de la grande multinationale bien-pensante l'a emporté...
Michel CROZ
Cet article vous fait réagir :
envoyez un message à contact@embarcadere.info
     
|
 |



|