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> Edito Le vieux continent
Jamais l'Europe n'a autant mérité cette appellation. Non seulement par l'ancienneté de sa culture et de sa civilisation mais aussi, désormais, par le vieillissement de sa population. C'est le cri d'alarme lancé par l'association "Rajeunir et peupler la France" qui s'occupe depuis une dizaine d'années de questions démographiques. Le cri d'alarme que je relaie bien volontiers tant ce sujet est à la fois fondamental pour notre avenir et absent du débat public actuel sur les perspectives européennes.
Depuis une trentaine d'années, la France, comme ses voisins européens, ne renouvelle plus ses générations. Recul du mariage, intensité du divorce, importante chute de la fécondité et donc de la natalité : les pays européens se ressemblent et leurs populations ne se reproduisent plus nombre pour nombre. L'indicateur conjoncturel de fécondité qui devrait être voisin de 2,1 enfants par femme pour permettre le simple renouvellement des générations est aujourd'hui de 1,5 ! Et cette fécondité, l'une des plus basses du monde, n'est pas aidée par l'élargissement de l'Europe, car les pays nouveaux venus ont une situation encore plus catastrophique que les autres avec des indices de 1,2 ou 1,3. La population européenne est donc confrontée au phénomène du "double vieillissement" par la croissance de la population âgée et la réduction de la population jeune. Une situation inédite et lourde de conséquences. En effet, "ce vieillissement menace les équilibres socio-économiques de notre pays, son niveau de vie, son système de protection sociale mais également l'animation de son territoire, sa capacité à accueillir des personnes étrangères, sa créativité, son influence et son rayonnement".
Alors, l'Europe est-elle ainsi condamnée ? Non, répondent les spécialistes de l'association. Mais elle a besoin de réagir en mettant en place, notamment, une politique familiale. Un document publié par la communauté Européenne récemment, intitulé "livre vert", met en avant l'existence d'un vrai désir d'enfants dans tous les pays de l'union. Quelle bonne nouvelle ! Mais il ne tirait pas la conclusion qui s'imposait : aidons les femmes à mettre au monde les enfants qu'elles désirent par un politique familiale. Il est vrai que ce terme n'est pas politiquement correct dans plusieurs pays européens où il rappelle les idées des régimes autoritaires allemands, italiens ou espagnols. Mais il dit bien ce qu'il veut dire : des mesures concrètes visant à promouvoir la naissance et l'éducation. Et on sait désormais que ces mesures ont une réelle influence sur la démographie. Alors, pourquoi ne pas les mettre en oeuvre ? Pourquoi ne pas mettre ce sujet au coeur du débat électoral sur l'avenir de l'Europe ? Car c'est bien de notre avenir, au sens vital du terme, dont il s'agit.
Denis Broliquier
Président du Club del'Embarcadère
Maire du 2ème arrondissement de Lyon
     
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