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> Edito Le travail mérite un effort
Comment éviter le sujet qui hante tous les esprits ! Journaux télévisés, colonnes des magazines, discours opportunistes de la gauche syndicaliste et politique ..., le CPE s'est propagé jusque dans les amphis et les lycées de notre pays. Alors même que le Contrat Première Embauche offre la possibilité aux jeunes sans formation d'accéder de façon moins aléatoire au marché du travail, qui conteste cette réforme ? Ceux qui font des études et qui, pour au moins 50% d'entre eux, accèderont à un premier emploi en CDI ; les syndicats, concentrés pour leur grande majorité au sein du service public ; les hommes politiques de gauche qui en 20 ans de pouvoir n'ont pas avancé l'ombre d'une solution pérenne pour lutter contre le chômage des jeunes ? Les agitateurs quels qu'ils soient ne sont pas à une contradiction près. Mais au-delà de leurs motivations partisanes, ont-ils bien mesuré toute la portée de leur cabale anti-gouvernementale ? Certes, la méthode est malhabile. Oui le projet n'est sans doute pas parfait mais au moins a-t-il le mérite d'exister. Alors pourquoi ne pas le tester grandeur nature sur une période donnée pour en tirer un bilan objectif ? Pour lutter contre le chômage et plus particulièrement celui des jeunes, l'Europe entière se met au diapason de la flexibilité par l'allongement de la durée des périodes d'essai : 3 ans aux Pays-Bas, bientôt fixée à deux ans en Allemagne et sans doute 3 ans en Italie, sans parler du Royaume-Uni. La France, elle, une fois encore, affiche son inaptitude à la réforme.
Le refus du CPE, ce n'est pas la peur de la précarité, c'est le refus de la flexibilité ! Car qui dit flexibilité dit travail, effort et mérite. Trois mots bannis depuis des décennies du vocabulaire d'une France finalement profondément marxiste. Car s'il est une valeur sur laquelle gauche et droite diffèrent fondamentalement, c'est bien sur celle du travail. Pour les premiers, et c'est ce qu'on a inculqué aux jeunes générations, le travail est aliénant, une contrainte qu'il faut minimiser au profit des loisirs, du bien être personnel ; d'où les aberrations des 35 heures et de la retraite à 60 ans. On a fait croire aux jeunes que la société leur devait un emploi sécurisé. Et ils l'ont cru puisque plus de 75% d'entre eux souhaitent être fonctionnaires !
Pour la droite au contraire, c'est notamment par le travail et l'esprit d'entreprise que passe l'épanouissement personnel et collectif. Il donne l'occasion de se valoriser par l'apprentissage d'abord puis par la réalisation. Fabriquer, mettre en oeuvre, diriger... : quel que soit le niveau d'action, le travail accompli, outre le fait qu'il dégage de la valeur marchande, est facteur d'épanouissement personnel. Mais pas de travail sans effort et sans remise en question permanente. Face aux 23% qu'affiche le chômage des jeunes en France, les questions de l'orientation et de la formation doivent se poser en fonction des débouchés. Parmi les centaines de milliers d'emplois non pourvus figurent des métiers du bâtiment, de la restauration, ... Des métiers difficiles qui demandent de l'application et de l'implication. Orientation, formation mais avant tout éducation. La culture de l'effort et du travail doit retrouver toute sa place dans notre société pour faire renaître l'envie d'entreprendre. Les acteurs politiques ont un rôle primordial à jouer en ce sens, pour ceux qui n'ont pas peur de dire les choses sans craindre de déplaire.
Denis BROLIQUIER Président national des Clubs de l'Embarcadère Maire du 2ème Arrondissement de Lyon
     
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