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> Edito Le désastre SNCF
La SNCF est à l'image de la France. Elle possède des atouts, mais son incapacité à se réformer la conduit droit dans le mur. Un livre décapant, SNCF, la machine infernale (Editions du Cherche-Midi) vient de dresser, à la suite d'une enquête fouillée, ce constat accablant. Je vous en recommande la lecture.
Des atouts, la SNCF en a pourtant. Elle transporte 900 millions de voyageurs par an, dans 14 000 trains par jour, avec une régularité supérieure à la moyenne des autres compagnies européennes. Ce n'est pas rien !
Mais à quel prix ? Ses recettes (47 milliards) couvrent tout juste les dépenses salariales et les contribuables français sont obligés chaque année d'apporter 10 milliards à l'entreprise. Le nombre de ses salariés augmente (cas unique dans le ferroviaire européen), mais elle affiche le plus bas niveau de productivité par tête du continent. Elle emploie plus d'un millier de permanents syndicaux et est à l'origine (en 2001) du quart des jours de travail perdus pour grève (160 000) en France. Et tout à l'avenant.
Pourtant, en 1997, la séparation de l'entreprise en deux entités (RFF pour la propriété des voies et SNCF pour leur exploitation commerciale) avait suscité un espoir. Déchargée de 20 milliards de dettes qui « plombaient » ses résultats, la SNCF allait enfin pouvoir retrouver le chemin de l'équilibre.
C'est du moins ce que ses dirigeants, et les ministres concernés, affirmaient. Sans résultats probants : la productivité se dégrade, l'endettement remonte, les sureffectifs (30 % ?) sont toujours là, l'état des infrastructures devient préoccupant, l'activité fret perd 25 % de son chiffre d'affaires chaque année, ... Même la prestigieuse ligne Eurostar perd de l'argent !
Les responsables de cette situation ? Les syndicats vous diront les uns. La direction vous diront les autres. Les politiques aussi sont en cause. Ils le sont forcement compte tenu des montants de l'argent public « investis » dans la SNCF. Pourquoi acceptent-ils en effet cette situation sans rien dire et sans rien faire ? Tout simplement, car ils ont peur.
Peur de l'épreuve de force. Peur des syndicats. Peur de l'opinion publique. Ici aussi le retour du politique est plus que jamais nécessaire. D'autres sociétés nationales (Air France par exemple) ont ouvert les chemins de la réforme et de l'adaptation. N'attendons pas que l'ouverture à la concurrence imposée par l'Europe ne « coule » définitivement la SNCF. Messieurs les politiques, un peu de courage pendant qu'il est encore temps....
Denis BROLIQUIER
Président de l'Embarcadère
Maire du 2ème Arrondissement de Lyon
     
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