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> Opinion La mondialisation en débat
La Mondialisation en débat : le forum de Cluny
Je remercie les organisateurs du forum de m'avoir donné l'occasion de m'exprimer sur ce sujet à propos duquel j'ai consacré un chapitre dans un livre collectif édité par le professeur Granier [1]. Je suis toujours mal à l'aise avec ce débat lancinant sur la « mondialisation ». En effet, les termes et les règles de la discussion sont dictés par la gauche. Le débat est donc tronqué et la droite ne s'aperçoit même plus qu'elle raisonne avec des concepts et des grilles de lecture marxistes alors même que la théorie économique et l'histoire ont définitivement montré l'inanité de cette idéologie collectiviste et totalitaire qui est tout, sauf une science.
La mondialisation ne date pas d'hier. Le XX° siècle a connu la crise de 1929 et deux guerres mondiales ; si ce n'est pas de la mondialisation... Mais surtout, lorsque le socialisme réel contaminait inexorablement les deux tiers de la planète, personne ne semblait s'effrayer de cette mondialisation là. A ce moment, la gauche rétorquait fièrement qu'il n'y avait pas matière à s'en inquiéter : « cela prouvait que le socialisme était efficace ! ». Puis l'utopie s'est effondrée, montrant son vrai visage. Certes, il n'y avait pas de chômage à l'Est ; mais il y avait des camps de travail. Revenant peu à peu de ces égarements qui ont tous tourné au drame collectif, les pays s'ouvrent aujourd'hui à la logique de l'économie de marché. C'est inévitable et ce n'est pas le fait d'un complot orchestré par Bill Gates ou Wall Street. J'ai envie de retourner l'argument utilisé jadis par la gauche pour qualifier la progression du socialisme : « c'est que cela marche ! ».
Car, les lois de l'économie marchande ne sont pas plus américaines que le théorème de Pythagore n'est grec. Bien-sûr, cette dimension là de la mondialisation effraie ! Mais tout cela est savamment orchestré : les antimondialistes de tout bord, à gauche comme à droite, nous proposent de « réguler », « contrôler », « maîtriser » la mondialisation, voulant nous protéger de ses effets indésirables. Les altermondialistes nous expliquent qu'ils ne veulent pas de cette mondialisation qualifiée d'ultra-libérale. Sans doute sont-ils nostalgiques de l'internationale socialiste.
Jean-Louis Caccomo
Maître de conférences en sciences économiques à l'université de Perpignan
[1] R. Granier et M. Robert (eds), Culture et Structures Economiques, Economica, Paris 2002.
     
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