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> Edito La fin du débat politique ?
Plus les années passent, plus les élections se jouent dans un mouchoir de poche. Cela a été le cas aux Etats-Unis, en Allemagne, et récemment en Italie, où les vainqueurs n'ont été désignés qu'au prix d'âpres discussions et autres recomptages de toutes parts. Et les prochaines présidentielles françaises n'échapperont sans doute pas à la règle. C'est là le signe d'un fléchissement certain du poids des idéologies archaïques des extrêmes et nous ne pouvons que nous en réjouir. Mais c'est aussi, à mon sens, malheureusement le signe indéniable d'un appauvrissement du débat politique. Tout d'abord, paradoxalement, le temps d'expression politique se réduit considérablement. Les supports se multiplient mais les espaces d'expression diminuent. L'information circule mieux mais toujours plus vite, favorisant la consommation « zapping » de l'information. Cette évolution du temps politique induit une nouvelle forme d'expression, celle de l'image. Le matraquage médiatique, nourri volontairement ou involontairement par les politiques eux-mêmes, n'en finit pas de sévir : surabondance de sondages, guerre des petites phrases, « peopolisation »... La suprématie de l'image et du « politiquement correct » imposent leur diktat au discours politique qui peu à peu perd de sa substance. L'heure n'est plus à la pédagogie ni au débat de fond. Il faut évoquer LE sujet qui plaît, avec LES mots qui accrochent. Difficile, dès lors, d'exprimer des idées, des valeurs au service d'une réelle unité nationale. Les programmes électoraux de tous bords ne sont plus pensés en fonction des besoins de notre pays mais des désirs et des aspirations de minorités sociales, économiques, religieuses, sexuelles... D'où ces dérives démagogiques, ballotées au gré des campagnes de lobbying de chacun, avidement relayées par les médias et guettées par les politiques. Notre pays a pourtant besoins d'idées, de valeurs fondatrices de l'intérêt général. C'est en tout cas ce que nous sommes très nombreux à attendre de la campagne pour les présidentielles. C'est sur des programmes cohérents que les électeurs doivent choisir, pas sur de bons mots, des mesurettes ou des amitiés célèbres. Pour l'heure, nous attendons toujours...
Denis BROLIQUIER Président national des Clubs de l'Embarcadère Maire du 2ème Arrondissement de Lyon
     
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