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> Dossiers et débats Forum d'Aix en Provence
Un séminaire non conformiste sur l'Europe
Les clubs de l'Embarcadère, dirigés par le maire du IIe arrondissement de Lyon Denis Broliquier, se sont réunis à Aix-en-Provence les 7, 8 et 9 octobre, pour débattre de l'avenir de l'Europe. Il s'agissait, pour les 200 à 300 personnes rassemblées là, de dire un certain nombre de choses allant au-delà de l'immédiat, de la langue de bois et du politiquement correct.
D'une manière parfois bousculée par une SNCF qui semblait éprouver autant de difficultés que la SNCM à transporter à l'heure ses passagers, se sont succédé personnalités, élus, universitaires et autres spécialistes ne se contentant pas de brosser des tableaux mais répondant également aux questions de l'auditoire. Outre Charles Million, l'ancien ministre de la Défense aujourd'hui ambassadeur auprès de la FAO l'organisme des Nations unies chargée de l'alimentation et de l'agriculture dont beaucoup de participants se sentaient fort proches, on pouvait particulièrement remarquer l'ancien secrétaire général d'Interpol [GRAS]Raymond Kendall, le recteur Gérard François Dumont, les professeurs Jacques Garello, Jean-François Mattéi qui arrivait d'un débat avec Sylviane Agacinski, l'épouse de Lionel Jospin et Michel Vaté, le gouverneur de la Banque centrale des États de l'Afrique de l'Ouest Charles Konan Banny, l'essayiste Alexandre Del Valle et les parlementaires Étienne Blanc, Françoise Grossetête, Hervé Mariton, Françoise Seillier ancienne député Européen, etBernard Seillier.
L'importance des racines culturelles de l'Europe a été mise en avant à travers le triple fondement de la philosophie grecque qui a notamment appris à toujours se questionner et se remettre en cause , de l'ordre romain notamment dans le domaine juridique et de la religion judéo-chrétienne pour le respect de la personne et l'égalité de tous. Même si l'inculture contemporaine, y compris chez les députés européens, est phénoménale, il faut toujours se poser la question du pourquoi les Européens vivent ensemble et donc de savoir qui peut partager ces valeurs antérieures aux données économiques et politiques contemporaines. Cela amène bien sûr à s'interroger sur la Turquie, « pays néo-islamiste » qui rejette de plus en plus l'héritage d'Atatürk sur lequel on peut en outre émettre quelques sérieuses réserves du fait de son nationalisme très ethnocentriste. Se pose également le problème de l'immigration, volontiers présentée comme une panacée alors qu'une véritable politique démographique apparaît indispensable.
En revanche, existe une continuité entre les continents européen et africain, chacun des deux ayant besoin de l'autre. Pour ce faire, il faut non seulement dépasser l'afro-pessimisme actuellement de rigueur, mais aussi développer un partenariat entre les secteurs public et privé, d'autant qu'investir sur le continent noir peut se révéler une bonne affaire ; cela exige de renoncer aux formes de l'assistanat qui favorisent tant la corruption et la gabegie. L'Europe serait bien inspirée d'y prêter davantage garde au moment où la Chine, mais aussi les États-Unis et même l'Inde, arrivent en force en Afrique sans oublier le développement d'un islam parfois intégriste.
Ce dernier problème doit être examiné sur une échelle plus large, puisque la sécurité peut être considérée comme le premier droit de l'homme. Aujourd'hui, il faut faire face non seulement au terrorisme, mais aussi à la prolifération nucléaire et au crime organisé : il n'est plus possible de se satisfaire de solutions circonstanciées et donc hâtives alors qu'il convient de travailler dans le temps. Cela pose d'ailleurs le problème d'une véritable coopération occidentale entre les mondes américain et européen ce dernier restant très handicapé par l'absence d'une véritable défense commune.
Jean-Gabriel Delacour
     
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