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Fiscalité et choix de société par Jean Louis Caccomo


Fiscalité et choix de société



Si l'on me dit : « Etes-vous prêt à payer de lourds impôts ; mais vous aurez en contrepartie des services publics gratuits de grande qualité ? », je répondrai oui. Certes, je devrais payer des impôts, mais je n'aurais pas à payer une école privée pour mes enfants ou à sortir de l'argent pour mes frais d'hospitalisation. Si l'on me dit : « Vous ne paierez que de modestes impôts, mais il vous faudra vous débrouiller pour l'éducation de vos enfants », je répondrai encore oui. Certes, je devrais payer une école à mes enfants ; mais je serai plus riche de l'argent que l'Etat ne m'aura pas prélevé, ayant les moyens d'assumer mes choix éducatifs. Et qui mieux que moi peut choisir pour moi ?



Mais si l'on me dit : « Vous ne paierez pas d'impôt et vous aurez, dans le même temps, les meilleurs services publics qui soient ». Je dis que cela est impossible et que celui qui me propose ce « contrat » est en train de me tromper. Non content d'entraver le libre fonctionnement de l'économie, il se propose ainsi de corrompre les esprits, invitant les gens à fuir leurs responsabilités. Dans les faits, nous payons toujours plus de taxes et autres impôts alors même que la qualité des services publics se dégrade inexorablement. Cette réalité là est non seulement inefficiente mais aussi profondément injuste. Injuste pour ceux qui paient des impôts et doivent, en plus, payer pour leur éducation ou leur santé. Injuste pour ceux qui ne paient pas d'impôt et qui croient réellement à l'efficacité supposée des services publics dont ils dépendront intégralement.



La fiscalité traduit bien différents choix de société qui renvoient à différentes visions du monde et de l'homme. Il y a une catastrophe terrible en Asie, et nos ministres parlent de « taxe de solidarité ». Spontanément, tout le monde, et même les moins aisés, est prêt à donner volontairement de l'argent par solidarité naturelle devant la détresse d'autrui. Le prélévement forcé détruit précisément cette solidarité spontanée comme l'impôt sur le bénéfice détruit l'investissement et l'innovation. Mais nos ministres, qui n'aiment guère l'ordre spontané, avaient le réflexe de taxer depuis toujours, ils leurs manquaient seulement un prétexte.









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