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> Edito Eloge des courants
Les sismologues appellent cela les « répliques »... Après le séisme initial, qui a bouleversé, renversé, parfois détruit, viennent les secousses secondaires, parfois isolées, parfois en cascade.
Voilà ce qui arrive à la majorité. Après le violent séisme des élections régionales, l'UMP est secouée, brinqueballée, chahutée. Comme le dit pudiquement François Baroin, nouveau secrétaire général délégué de l'UMP appelé en renfort pour préparer, autant que faire se peut, les élections européennes de juin et le congrès de novembre, « bien sûr, nous essuyons une violente tempête »...
C'est que ça grince à l'intérieur... Ça grince, ça rouspette, ça tiraille ! D'ores et déjà, trois courants s'organisent de fait : les centristes, autour de Pierre Méhaignerie ; les libéraux, autour d'Alain Madelin ; les souverainistes, autour de Nicolas Dupont-Aignan.
Bien que la possibilité de leur création ait été dès l'origine prévue dans les statuts de l'UMP, jamais jusqu'ici le parti présidentiel n'avait osé les mettre en place. Trop dangereux... Seulement voilà, à force de tenir le couvercle de la marmite, elle est menacée d'explosion. Les courants ne sont pas reconnus de droit, certains les imposent de fait.
Que doit-on en penser ? Du bien, beaucoup de bien... Nous sommes nombreux - et au premier chef parmi nous Charles Millon - à avoir demandé depuis longtemps l'établissement et la reconnaissance des courants au sein de la droite française.
On ne saurait bâtir un grand parti de droite, rassembleur et conquérant, sur le modèle du parti conservateur anglais ou du parti populaire espagnol, sans laisser libre cours à l'expression de toutes les sensibilités qui font sa richesse. Ce qui compte est que l'objectif soit commun : la victoire. Pour le reste, il est bon que les courants s'expriment, débattent, se fassent concurrence, se disputent même... et qu'à la fin le meilleur gagne !
Aujourd'hui, les courants s'imposent de fait au sein de l'UMP. La direction devra vite choisir : soit tenter de les museler et d'imposer une ligne unique - et, croyons-nous, risquer rien moins que l'implosion -, soit accepter cette vie des courants et leur conséquence naturelle : les primaires.
Nous ne faisons pas mystère de nos préférences : vive les courants !
Denis BROLIQUIER
     
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