La France est la première destination touristique mondiale. Si nous pouvons en être fiers, devons-nous nous en contenter au risque de n'être plus que cela ?
Notre image aujourd'hui est celle d'un pays vieillissant, à bout de souffle, figer dans ses conservatismes ! Un pays honteux de son histoire dont il se complaît à ne retenir que le pire ; un pays qui s'accroche désespérément à son modèle social au péril de son économie : 50 milliards d'euros, c'est le coût annuel des seuls intérêts de notre dette publique !
Pourtant, riche de ses atouts et de ses spécificités, la France peut se hisser à nouveau parmi les grandes puissances mondiales. Pour cela, elle a besoin d'être guidée avec détermination vers des objectifs ambitieux, des choix compatibles avec les changements de notre temps. C'est ce qu'ont su faire nombre de pays avant nous.
La Grande-Bretagne, après avoir été une grande puissance coloniale agricole, s'est orientée vers l'industrie. A force de volonté, d'innovation et de réformes parfois impopulaires, elle impose aujourd'hui ses compétences dans le domaine tertiaire.
L'Allemagne, via les grands groupes, l'Italie via les PME et les Etats-Unis ont, pour leur part, choisi l'industrie.
La France, elle, n'a toujours pas clairement déterminé ses domaines de compétences. Alors qu'elle en a les moyens ! La matière grise, l'ossature industrielle, l'énergie nucléaire, agricole, nous avons tout cela ! Mais contrairement à nos voisins, nous n'avons pas su anticiper les marchés porteurs et adapter nos outils : modes de production, types d'emplois, code du travail, formations...
Autre choix essentiel en suspens, celui de notre positionnement par rapport aux pays émergeants : repli sur soi ou concurrence assumée ? Inévitables, les délocalisations doivent être perçues comme un outil de développement au service d'un meilleur équilibre mondial. Un processus naturel que l'Espagne n'a pas craint de pratiquer pour conforter sa formidable croissance.
Même auprès de ses partenaires historiques francophones, comme l'Afrique noire, la France ne cesse de perdre du crédit.
Nos observateurs perçoivent cette navigation à vue d'une France qui vogue au gré des coups de gueule et des coups de coeur de son opinion publique, sans réelle stratégie fondatrice. Nous manquons d'objectifs clairs ou bien ceux-ci répondent-ils à des problématiques trop franco-françaises.
Tracer le cap de la France est, à mon sens, tout l'enjeu des prochaines élections présidentielles. La capacité à faire des choix pour notre pays, et à les suivre, sera au coeur de notre prochain grand débat électoral. C'est notamment sur ces critères que le club de l'Embarcadère désignera le candidat qu'il soutient. Nous existons au sein de la droite française et nous comptons bien faire entendre notre voix. Nous avons jusqu'à l'automne, voire cet hiver pour exprimer notre choix.
Un choix qui sera pragmatique, au-delà des images et des sondages, pour le bien de notre pays !
Denis BROLIQUIER
Président de l'Embarcadère
Maire du 2ème Arrondissement de Lyon