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> Opinion C'est le Printemps
De 1981 à 1995, la France fut présidée par un homme de droite qui a brillamment dupé toute la gauche. Puis, elle est maintenant gouvernée par un homme de gauche, devenu le pourfendeur de la "globalisation ultra-libérale", qui a prodigieusement leurré toute la droite.
Il y a de quoi mettre en déroute morale tout un pays. Mais un tel pays se ment volontiers à lui-même en acceptant de tels mensonges.
Le mensonge commence à l'éducation nationale pour être relayé par les médias. Tout le monde sait maintenant qu'un lycéen maîtrise parfaitement les rudiments de l'action syndicale : déclencher et nourrir une grève, bloquer l'entrée d'un lycée, réciter le refrain syndical agréé par les partenaires sociaux, faire plier un ministre ! Il y a de quoi intimider plus d'un employeur. Par contre, on a beaucoup moins de garantie sur la quantité et la qualité des connaissances acquises. Car, en devenant quasiment un droit, le diplôme du baccalauréat a perdu beaucoup de sa véritable valeur. Et un diplôme, c'est comme une monnaie : sa valeur nominale peut être sans rapport avec sa valeur réelle.
Il serait cependant injuste de considérer tous les lycéens à la même enseigne. La plupart d'entre eux sont travailleurs et inquiets pour leur avenir. Ils pressentent qu'ils vont hériter des dettes laissées par les générations actuelles. Et ces dettes seront autant de prélèvements additionnels qu'il leur faudra assumer au nom d'une conception à rebours de la solidarité entre les générations.
Comme les grévistes ne sont pas majoritaires dans le pays, ils sont d'autant plus bruyants. Sur les campus, les étudiants les plus activistes sautent sur cette occasion pour tenter de propager le mouvement dans les universités. Les tracts bourgeonnent, les banderoles s'épanouissent sur les façades dénonçant la « camisole libérale » (sic !) du traité de Giscard, ou encore le projet « ultra-libéral » de Fillon, les slogans les plus populistes fleurissent. C'est le retour du printemps...
Le libéralisme a bon dos ! Il est d'ailleurs cocasse de voir à la fois les partisans et les opposants à la Constitution réciter le même refrain. C'est à celui qui sera le plus anti-libéral ! Cela en devient vulgaire... Mais, il est vrai que les absents ont toujours tort. C'est bien commode : on n'a jamais autant invoqué le libéralisme, on ne l'a jamais autant fustigé alors qu'il n'a jamais été aussi éloigné des préoccupations des réformateurs actuels. A en croire certains, même le Pape n'avait pas de mots assez durs contre le libéralisme. Faisons le parler maintenant qu'il est mort...alors que les mêmes se moquaient bien de ses paroles de son vivant.
Jean-Louis Caccomo
     
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