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> Edito Campagne présidentielle:changements de clivages.
Depuis plusieurs semaines, les candidats nous abreuvent de mesures catégorielles en tout genre. Cette pléthore de propositions a conduit à l'ubuesque débat sur le chiffrage des programmes. Mais ce sont, au moins dans leur présentation, des programmes de gestionnaires qui nous sont proposés. Pas de chef d'Etat. Les Français semblent se lasser de ces interminables catalogues qui n'offrent finalement aucune vision de l'ambition que les candidats ont pour notre nation.
C'est sans doute pourquoi les électeurs se tournent aujourd'hui vers d'autres personnalités. Des personnalités qui s'inscrivent, elles, non plus dans l'énumération mais dans le discours. Là encore, à mes yeux, toujours pas de véritable politique pour notre pays.
On remarque dans le même temps que les candidats inscrits dans le système politique traditionnel ont tendance à plafonner. Ceux qui grimpent dans les sondages sont ceux qui critiquent, voire qui refusent, au moins dans l'intention, ce système. C'est le cas de François Bayrou. Je ne m'explique pas sa percée autrement.
Au point qu'aujourd'hui, on peut se demander si le clivage « droite-gauche » est encore pertinent dans l'esprit de l'opinion publique. Comme à chaque élection depuis 20 ans, cette démarcation s'estompe. On le voit au cours de cette nouvelle campagne, la différence se fait maintenant sur le « dans ou hors système ». Il y a ceux qui crient « encore » par habitude ou résignation, pensant que l'avenir de la France peut se construire dans le cadre politique de 1958. Et ceux qui aimeraient plus d'ambition, d'innovation pour le pays et plus de sincérité, de courage, d'humilité dans la classe politique.
Nous allons suivre de très près cette évolution au cours des prochaines semaines. Avec une pointe d'inquiétude si cette tendance se maintient. Car nous croyons fermement que le clivage droite-gauche doit être le terreau naturel d'un affrontement politique démocratique structurant pour notre pays. Depuis plus de 20 ans, la France s'est laissée ballotter au rythme des cohabitations. Elle en a assez souffert ! Aujourd'hui, la droite, comme la gauche, d'ailleurs, doivent s'affirmer sans complexe. C'est une nécessité pour mener une politique volontariste et mettre en place des réformes de fond. Marquer clairement le clivage gauche-droite est aussi un rempart contre la montée des extrêmes.
Denis BROLIQUIER Président national des Clubs de l'Embarcadère Maire du 2ème Arrondissement de Lyon
     
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