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> Edito C.D.D. Politiques
« CDD politiques ». Le mot est lâché dans le journal « Le Monde » du 23 janvier dernier.
Face à la crise de l'engagement partisan, les responsables des différentes formations politiques, de la majorité comme de l'opposition, rivalisent de solutions marketing pour rallier à eux de nouveaux sympathisants.
Ainsi, le PS crée les adhérents « light » qui ne sont pas considérés comme des militants mais s'inscrivent uniquement dans le cadre de la réflexion autour d'un projet politique. Il en va de même à l'UMP avec les « adhérents-partenaires » ou à l'UDF avec les « militants associés ».
Nous pourrions nous réjouir de cette prise de conscience des responsables des partis et de leur volonté de mettre au coeur de l'engagement le débat et le projet. Ce serait oublier bien vite que tout CDD a une échéance. En l'occurrence, il s'agit de 2007.
2007, année électorale de première importance où seront renouvelés à la fois les membres de l'Assemblée nationale mais également le bail du locataire de l'Elysée. 2007, année qui grippe la machine d'un système politique bâti pour se passer de militants.
En effet, le mécanisme de financement des partis politiques conduit à verser une somme annuelle de deux euros par voix à chaque parti recueillant des suffrages lors des élections législatives. A cette somme s'ajoute une enveloppe de 50 000 euros par parlementaire. Ces sommes colossales permettent aux grandes formations de vivre confortablement sans rechercher d'adhérents. Pire, dans ce système, chaque adhérent représente un coût (courriers, journaux, réunions...).
En 2007 pourtant, il sera nécessaire de rassembler et de mobiliser largement au-delà des cercles traditionnels pour remporter une bataille présidentielle. Voilà pourquoi les spécialistes en communication cherchent à combler cette crise du politique. Voilà comment, pour des raisons de stratégie politicienne, les grandes formations renouent avec les débats et avec les projets. Et alors, ce n'est pas une bonne nouvelle? Il ne faudra pas scier la branche sur laquelle vous vous appuyiez...
Georges d'Avenel écrivait déjà en 1905 : « Après avoir été au scrutin le dimanche avec une altière majesté, l'électeur n'est plus le lundi qu'un contribuable pour le Ministre des finances, qu'un justiciable pour le Garde des Sceaux, qu'un administré pour le Préfet ». Une formule que devraient méditer ces nouveaux militants...
Denis BROLIQUIER
Président de l'Embarcadère
Maire du 2ème Arrondissement de Lyon
     
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