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> Opinion Aux antipodes
L'Australie vient de débuter des négociations avec la Chine au sujet des importations textiles. Elle a fait ses comptes : Mark Vaile, ministre australien du commerce, a indiqué qu'une étude de faisabilité avait mis en évidence qu'un accord de libre-échange avec la Chine rapporterait 24 milliards AUD à l'économie australienne sur dix ans. La théorie du libre échange, développée depuis plus de 200 ans par les libéraux, s'est toujours imposée dans les faits plus vite que dans les esprits : Frédéric Bastiat l'avait bien compris en montrant qu'en économie, il faut comprendre qu'à côté de ce qui se voit (les pertes d'emploi), il y a tout ce qui ne se voit pas (gain de pouvoir d'achat qui va profiter au développement local et permettre la création de nouveaux emplois). Bien sûr, il y aurait fort à dire sur le « libéralisme » chinois qui méconnaît sur bien des aspects l'Etat de Droit cher aux libéraux : interdiction des syndicats libres, non respect des contrats, (72,5% des migrants, les Mingong, ont été confrontés à des degrés divers au non-versement de leur salaire, selon Anita Chan), définition floue des droits de propriété ( créée en 1984 par le gouvernement local, l'usine de Jinlan appartient à l'Association de l'agriculture, de l'industrie et du commerce de Sungezhuang, société collective par action, dont les parts sont réparties entre les autorités, la direction de l'usine et 30% des employés), intervention de l'Etat (Le lobby américain du textile accuse la Chine de fausser le jeu à travers des subventions directes de l'Etat aux fabricants et une sous-évaluation voulue de la monnaie chinoise). Mais un peu de réalisme permet d'observer que la logique de développement va amener à terme en Chine comme partout ailleurs des exigences de liberté et de démocratie plus grandes. Pas sûr que le régime puisse y résister longtemps. En France, le réflexe protectionniste va comme toujours nous revenir dans la figure : «Si vous n'achetez pas notre textile, pourquoi achèterions-nous vos avions?» explique tranquillement Jiang Guoqing , industriel chinois. Décidément France et Australie sont aux antipodes... Pierre Favre
     
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